Tour de la Haute-Marne (en -24h) – Un p'tit blog comme ça

Tour de la Haute-Marne (en -24h)

À la recherche de défis locaux, on m’a parlé d’effectuer le tour de la Haute-Marne en suivant au maximum les frontières du département. La plupart de ceux qui m’en parlaient l’avaient fait en plusieurs jours, 2, 3 ou 4 en général. Mais moi en quête de challenges un peu plus difficiles, dans le but de progresser en ultra-distance je me suis lancé le défi de le faire en moins de 24 heures. C’est également un très bel entrainement en vue de la Race Across France 2500km à laquelle je vais participer en juin 2025.

Donc, ni une ni deux, je prépare la trace, c’était en octobre 2024 et attends des bonnes conditions. Nous voilà maintenant en avril 2025 et enfin la météo est plus clémente pour réaliser un tel défi. J’avais d’abord fixé le départ au dimanche 27 avril mais n’étant pas très reposé ce jour-là, de plus, une pluie inattendue est tombée vers 16h, j’ai préféré décaler de 24h. 

Dès le dimanche midi le vélo était prêt ! Alors ce lundi 28 avril, je n’avais plus qu’à monter sur le vélo et partir. J’effectue une dernière sieste vers 13h jusqu’à 14h30. Je m’habille puis pars en direction du point de départ : Colombey-les-deux-Églises. J’ai choisi ce village historique du département en guise de départ et d’arrivée. C’est aussi l’extrémité du département la plus proche de chez moi. 

15h30 : les premiers coups de pédales sont donnés, j’ai une trentaine de kilomètres pour rejoindre Colombey. Le parcours n’est pas compliqué, relativement roulant, il n’y a que la côte des Dhuits qui fait un peu suer. 16h40, j’arrive à Colombey, à proximité du centre ville ou est enterré le grand Général de Gaulle. 

J’aperçois le petit restaurant « Maison et tartines » qui propose plein de petites douceurs sur son menu, je suis obligé d’y faire un petit arrêt. « Un Cappuccino et une gaufre au sucre s’il vous plait. » J’oublie de mettre du sucre sur ma gaufre… Pas grave. Le cappuccino était bien sucré. 

Dernier ravito avant décollage

17h20 : C’est parti ! Je prends une dernière photo de mon vélo avec La Croix de Lorraine en fond et dévale les premiers kilomètres qui sont particulièrement rapides, malgré un petit vent de face, ils sont en faux plats descendant. 

18h08 : Je traverse rapidement Soulaines-Dhuys, j’aperçois un gars qui me gueule dessus dans le centre du village. On dirait un mec torse nu et bourré. Je fuis rapidement. Je reçois aussitôt un appel de Cédric, mon voisin et membre du Vélo Club Chaumontais. Il me dit que c’était lui ! Haha, je fais donc demi tour et vais à sa rencontre. Je m’excuse de l’avoir snober, mais j’étais tellement dans ma bulle, je ne pensais pas voir une tête connue par ici ! On discute 5 minutes puis je repars, reboosté. 

Merci Cédric pour la photo !

18h40 : je remplis un bidon d’eau près de l’église de Puellemontier, j’avais repéré ce point d’eau quelques jours auparavant. 

L’arrivée vers le lac du Der a été un peu chaotique, j’avais mal tracé le parcours, j’avais sélectionné une route forestière qui n’était assez pas en bon état pour rouler en vélo de route dessus. Je cherche donc une autre route. Je zigzague un peu dans la base nautique pour trouver le bon chemin jusqu’à la passerelle. 

Les kilomètres suivants, je les connaissais par coeur car j’avais participé trois jours auparavant aux 24h du Der organisé par un ami du club de Vitry et sa boutique de vélo. J’y avais fait 7 fois le tour du Lac, mais dans le sens inverse.

20h30 : je commence à ressentir un peu de fatigue, après trois heures d’effort à 32 km/h de moyenne, j’approche de Saint-Dizier. Je commence à chercher les distributeurs de pizzas que j’avais pointé. Le premier avait été dévalisé, le second pareil. C’est seulement à Chamouillley que je trouve quelques choses à manger. Une pizza reine au menu. 

21h30 : la pizza est avalée, je prends également le temps de me changer pour affronter le froid de la nuit. Sous-pull thermique, jambières, gants chauds, tour de cou et veste gore-tex. 

La tombée de la nuit était jolie, les animaux de sortie, il fallait faire attention. Les voitures avaient disparu des routes, je n’ai croisé qu’un camion et un véhicule de gendarmerie, qui d’ailleurs s’est bien demandé qui était ce fou qui faisait du vélo en pleine nuit au milieu de la campagne haut-marnaise. 

1h : petit coup de mou, je fais une pause à Trampot pour manger quelques trucs, assis dans un arrêt de bus confortable. J’ai même hésité à dormir un peu, mais non ! Je ne devais pas. 

3h : J’arrive à Breuvannes-en-Bassigny. C’était un peu le dernier endroit où manger avant un long moment alors je me force de manger, encore une pizza au distributeur. Je craque un peu et prends deux sodas, des friandises et une pizza savoyarde. Le fromage n’était même pas fondu, ce n’était pas top top. 

Le froid commençait à être piquant… le temps d’attendre ma pizza et manger, sans gants, j’ai été saisi par le froid, j’ai commencé à greloter. Ce n’était vraiment pas agréable. Je n’avais qu’une doudoune pour m’isoler un peu plus du froid. Après 25 minutes de pause, je remonte sur le vélo. J’ai mis au moins 30 minutes à me réchauffer. 

Les kilomètres suivants étaient sympas et défilaient relativement vite. Le lever du jour a été très agréable. Je m’arrête à Montesson après une petite côte qui réveille bien ! Je mange et retire quelques vêtements. 

7h05 : j’arrive devant un bar qui semble ouvert, j’hésite trois secondes à m’arrêter ou pas. Finalement oui. Ce sera l’occasion de boire une boisson chaude, mon petit cappuccino du matin et un pain au chocolat. La gérante était trop sympa, je lui explique un peu ce que je fais, ainsi qu’aux quelques clients bien matinaux. Cette dame est trop gentille ! La rose des vents <3

Des encouragements bienvenus au milieu de nulle part, merci les copines!

Jusqu’à 10h, un enchainement de petites côtes qui commencent à faire mal. Je ressens le besoin de boire abondamment et autre chose que des électrolytes. Je devais un peu raboter le parcours pour trouver un petit commerce, je pars donc en direction de Vaux-sous-Aubigny pour acheter du jus d’orange, j’en rêvais ! Ainsi que quelques autres trucs à manger. 

Les kilomètres suivants ont été les plus difficiles, les bosses s’allongeaient, elles faisaient entre deux et quatre kilomètres avec des bons pourcentages au dessus de 8%. Cela devenait difficile avec le vélo chargé de quinze kilos et la cassette 11/30.

Dans un virage bien pentu, il y avait une priorité à droite et comme par hasard une voiture arrivait. Plutôt que ralentir et perdre le peu de vitesse que j’avais, je décide d’accélérer pour passer avant le véhicule. Cela ne lui a pas plus et m’a fait la remarque… « Et la priorité à droite ? » « Stp gars, fais du vélo et tu comprendras le respect de l’effort physique au lieu d’appliquer le code de la route à la lettre… T’appuies sur une pédale et ton véhicule avance tout seul, moi je galère là ! »

Je repars un peu énervé. Les automobilistes qui ne comprennent rien sont relous. 

Vers 11h, je retire tous les vêtements chauds qu’il me restait, le soleil commençait à taper fort.

Les petites routes slalomant entre les champs de colza et les forêts sont magnifiques. Et c’est à ce moment là que j’ai une idée : prendre une photo symbolique au pied de La Croix de Lorraine, ça pourrait être trop stylé pour conclure cette aventure !! J’appelle donc maman puis Cédric pour savoir s’ils avaient des contacts au Mémorial Charles de Gaulle. Pas trop mais Cédric me conseille d’aller à l’office du tourisme de Colombey. J’irai en croisant les doigts.

13h : petite pause dans un bar pour boire du coca et de l’eau bien fraiche et ça repart. La facture est salée…

Olivier et Dinis allaient me rejoindre sur le parcours pour m’accompagner pour les derniers kilomètres. Je bombarde sur le plat pour vite en finir, je commençais à en avoir marre. Finalement je les croise à 20km de l’arrivée. Être avec eux m’a fait relâcher la pression, comme si j’en avais terminé. Mais non… j’ai été dans le mal dans chaque partie montante… 

La dernière montée, la côte des Dhuits a été très très pénible… je roulais à 14-15km/h au lieu de 25-30km/h en temps normal. Arrivé à Colombey, je n’avais « que » 448,3km au compteur, donc avec Olivier on tourne un peu en rond dans le village pour franchir les 450, puis stoppe le chrono dans le centre du village. 

22h17 plus tard, ça y est c’était fini !! Je crevais de soif alors on part boire un verre, puis deux au bar À la Croix de Lorraine. J’y rencontre un couple de Boulougne-Billancourt, trop gentils et qui me posent milles questions sur ce que je fais. Ils étaient vraiment impressionnés, et me demandent carrément une photo, comme si j’étais une star alors que je suis juste un p’tit Ga discret. Ça fait super plaisir en tout cas !! 

Maintenant direction l’office du tourisme pour savoir si je pouvais prendre une photo devant un monument de Colombey. C’est clairement non pour la Boisserie, la maison historique du Général. La dame me conseille d’aller au Mémorial Charles de Gaulle pour savoir si c’était possible devant La Croix de Lorraine. On s’y dirige avec Olivier puis me présente à la billetterie. Je leur explique ce que j’avais fait et me disent tout de suite oui. TROP GÉNIAL !! J’étais trop content à ce moment là et ne peux remercier que très chaleureusement les dames du Mémorial. Elles me donnent un ticket et je me dirige vers La Croix. Ça y est j’ai ma photo symbolique ! Whahouuu trop bien ! 

Soulever le vélo de 15kg à ce moment là était compliqué lol

En redescendant, les dames parlent de moi à la responsable des réseaux sociaux et me demandent si je veux faire une photo pour qu’elle parle de moi sur les réseaux. Bien sûr ! Tant de gentillesse et de bienveillance pour conclure cette belle aventure, j’étais aux anges ! 

Il fallait encore rentrer chez moi, encore 30km à parcourir. Qu’est ce qu’ils ont été duuuuurrrss !!! Chaque faux plat était un supplice. J’ai subi les contrecoups de n’avoir pas assez manger depuis le levé du soleil, j’étais naze. 1h30 pour rentrer mais ça y est la boucle était bouclée ! 

Cet entrainement m’a permis de continuer à apprendre sur mes besoins sur un ultra, d’acquérir de l’expérience alors le contrat est rempli. Je me sens encore plus prêt pour terminer cette Race Across France 2500km qui débutera le 11 juin à Dinan. 

M E R C I à toutes les personnes que j’ai rencontrées et qui m’ont encouragé pendant cette aventure d’une journée : Sonia de la Rose des Vents, Olivier et Dinis pour m’avoir accompagné, Cédric pour sa surprise et son soutien, Veloder pour le vélo au top, l’ensemble du VC Chaumontais pour vos messages et le personnel du Mémorial, gros coeur sur vous ! Et Maman et Papa <3