RAF#4 – DERNIÈRE LIGNE DROITE – Un p'tit blog comme ça

RAF#4 – DERNIÈRE LIGNE DROITE

Réveil à 3h pour repartir maximum à 4h et attaquer le Ventoux encore dans la fraicheur. Je repars dans la nuit seul sur la route. Je rattrape plusieurs galériens de la nuit, j’arrive au pied du Ventoux en roulant à 30 km/h de moyenne, c’était très plat, mis à part le petit col de Suzette où je rattrape Sylvie. Une bonne pause dans une boulangerie de Malaucène, deux belles parts de pizza, un pain au chocolat, un jus de pomme-coing local et hop ça repart. 

Au pied du Ventoux, mais qui je croise ? Mon super RaceBuddy Geoffrey et participant du 300 km ! Qu’est-ce que ça fait plaisir de voir un vrai pote… On parlait de cette course depuis des mois. Il m’a suivi à pied sur deux kilomètres dans le début de l’ascension. Je me faisais doubler par plein de touristes septuagénaires ou plus .  » Tu vois eux? Je vais les déposer dans 10 minutes même si j’ai un vélo de 15 kilos! Héhé. » Quitter Geoffrey m’a clairement fait un petit pincement au coeur … mais une fois seul j’ai rattrapé tous ces cyclotouristes pour me faire plaisir, doubler c’est rigolo ! 

Néanmoins l’ascension a été dure, les pentes sévères et irrégulières font très mal aux jambes. La chaleur s’installait doucement. Il était environ 10h15 quand j’approchais du sommet. Je n’ai pas traîné en haut, un petit selfie et j’ai attaqué la descente. Rapide bien sûr pour continuer à prendre du plaisir. La deuxième partie, direction Sault que je ne connaissais pas, m’a donné un mal de dos bien pénible. La prochaine base de vie était en bas. 

Après une petite côte dans la ville, j’arrive là-bas. Papa my attendait! Je m’y suis posé une bonne heure, j’ai mangé tranquillement, discuté avec les autres. J’ai retrouvé Fabrice qui avait roulé toute la nuit ! 

On est reparti ensemble, avant de se séparer de nouveau. On n’avait pas du tout le même rythme. C’était le début d’après-midi, la météo annonçait très très chaud. J’ai vu 42 degrés sur mon compteur. C’était bien bien usant alors je me suis arrêté à Lourmarin pour acheter des glaces, plein de glaces, bien manger et surtout boire.

Fabrice est arrivé peu de temps après et on s’est posé sur une terrasse, où j’ai repris un tiramisu! Fabrice avait mal dans le haut du dos, il ne pouvait plus trop avancer, alors il a pris un rdv chez un ostéopathe qui a accepté de le prendre rapidement. À l’heure de son passage, je suis reparti.

Ont suivi plusieurs dizaines de kilomètres dans le Luberon où je filais à toute allure, doublant plein de participants sur cette route. Dans une petite épicerie aussi, j’ai commencé à faire des provisions pour la nuit, mon sac était rempli et lourd. Une route un peu désertique et chaude, ce fût très pénible. Vers 21h, je voulais faire un vrai repas avant de finir la course de nuit. Un petit groupe est alors arrivé, dont Hervé et Fabrice qui avaient bien bien roulé! On s’est posé près d’un food truck, avec plein de chaises, banquettes et tables faites en matériaux de récupération, style palettes. Super chouette, je me suis enfilé un gros taco, l’ambiance était incroyable, presque festive. On est bien resté 1h30 la bas avant de filer. 

Je souhaitais enfin rouler et repousser mes limites alors j’ai décidé de rouler toute la nuit pour finir au plus vite. Sur la route je suis tombé sur Hugo, le copain d’Emilie, un vrai bonheur de parler avec lui. J’ai fini par rouler seul, traverser toutes les gorges du Verdon seul. Je n’ai rien vu des paysages comme il faisait nuit. Je croisais quelques personnes de temps à autre, quelques participants du 500 km qui était partis la veille et les avions du 200 km qui roulaient à des vitesses folles. 

Dans les gorges, il n’y avait rien pour se ravitailler, mais j’ai eu la chance qu’un groupe de quatre jeunes strasbourgeois en vacance par ici me donne de l’eau et une canette de Redbull. Sans cette aide, j’aurais du me limiter sévèrement pour affronter les 50 km de désert. 

La nuit fut bien longue, mais les premières lueurs du jour m’ont fait énormément de bien. J’ai recroisé Renaud alias Monsieur Orange du bar la veille du départ. Il a essayé de me suivre mais il avait l’air bien épuisé… J’étais encore en très bonne forme, j’avais juste les yeux qui se fermaient. J’étais réveillé depuis près de 27 heures, en ayant parcouru plus de 370 km et 6000 mètres de dénivelé. C’est beaucoup. 

Vers 5h30 j’attaque la dernière difficulté, le Grand Duc. Une montée pentue de 9km en deux parties, car il y a une petite redescente au milieu. Une fois passé, je plonge sur Mandelieu-la-Napoule, je me fais une dernière fois plaisir dans la descente. Je suis passé pas loin d’un accident dans une épingle d’ailleurs. 

Le panneau de la ville a été comme une délivrance. Quelques kilomètres dans les rues presque désertes de la ville, et hop je voyais l’arrivée, où Arnaud Manzanini le fondateur de la course m’attendait pour me féliciter et me donner mon trophée de Finisher. 

Ça y est, j’ai terminé cette course! J’avais aucun doute sur le fait que je réussisse, mais cette fois c’était validé. Je suis arrivé à 6h30, l’ambiance était tellement calme que ça manquait clairement de saveur. Papa n’était pas encore là, mes amis non plus. Mais c’était fait ! 

A l’année prochaine sur la course de 2500 km ? Probablement que oui ! Rdv le 12 juin 2025, quelque part en France !

À retrouver aussi ici : https://jhm.fr/gaetan-aubertot-a-releve-un-sacre-defi/