Périple Vosgien – La Cyclo10C – Un p'tit blog comme ça

Périple Vosgien – La Cyclo10C

Vendredi 16 mai, j’avais prévu de directement enchainer sur un défi à réaliser dans la vallée : La Cyclo10C. Le concept est d’enchaîner les 10 cols de la vallée de Munster. 184km pour 5400m de dénivelé. Un énorme morceau !

En étant arrivé tard la veille, mais n’ayant pas trop bien dormi je décide de passer ce vendredi à me reposer, profiter de ma soeur, mon neveu, etc. Donc rendez-vous demain.

Samedi 17 mai, cette fois je pars faire la Cyclo10C. J’avais donné rendez-vous à Geoffrey, le créateur de ce défi à 8h au point de départ. J’avais 17km de vallée pour y aller, je les avale à 35km/h de moyenne, fastoche. Le vélo était bien plus allégé et la route très favorable ! 

7h58, j’arrive au panneau du Turckheim, le point de départ. Geoffrey m’y attendait et m’accueille telle une star (oui presque hein). 8h15, après avoir discuter avec lui, je prends le départ. Direction Trois-Epis ! Montée que je connaissais bien, je l’avais monté 10 fois sur une Last Man Riding et quatre autres fois en balade. 

Photo by Geoffrey

La montée de Trois-Epis, du château du Hohlandsbourg puis le col du Firstplan sont gravi tranquillement. Dans la vallée je commence à croiser plein de cyclotouristes anglais. Ils étaient chargés et n’avançaient pas. Je les double telle une formule 1. 

J’ai profité du premier passage à Munster pour chercher à manger car il était déjà 11h30. Je me rends sur le marché et achète un couscous royal délicieux. Ainsi qu’une pomme, la plus grosse possible ! Je trouve un petit coin pour manger les légumes et la viande du couscous qui étaient dans une boite séparée. C’était très bon. Je garde en réserve le couscous et la pomme pour plus tard.

Direction le Collet du Linge. C’était le tout premier vrai col que j’ai gravi dans ma vie et je repense à cette anecdote : avant de le monter je m’étais gavé de nourriture et étais parti à fond dans ce col. Passé Hohrod, j’avais tout vomi sur l’aire de pique-nique à droite de la route. Outch, heureusement que j’ai appris de mes erreurs lol.

Je monte ce col tranquillement, deux gars me doublent rapidement, me disent « c’est dur hein !? ». J’aurais aimé faire la course avec eux mais ce n’était pas sérieux vu tout ce qu’il me restait à faire. Le sommet étant en travaux, je dois m’arrêter à 700m du sommet.

J’enchaine sur le col du Wettstein. Un très beau col avec de belles épingles et une belle vue sur la vallée de Munster. Au sommet je mange cette immense pomme. Super bonne malgré qu’elle m’ait couté 1.30€.

Puis vient le col de la Schlucht, la plus longue montée, pas trop pentue mais assez fréquentée par les automobilistes. Mais à cette heure, 14h30, ça allait. Le matin ça aurait été une autre histoire. À 2km du sommet je me fais doubler par un compatriote de Quintana (un colombien), bon lui je n’aurais pas pu le suivre. Au sommet je prends la photo, enfile mon kway gore-tex car des petites gouttes commençaient à tomber. La descente est longue et tellement peu pentue qu’il faut beaucoup pédaler. J’essaie d’accrocher un camping-car qui ne roule pas très vite.

Le parcours passait devant chez ma soeur alors je m’arrête prendre un chocolat chaud et remplir les gourdes. La prochaine ascension était la montée du Gashney, une petite station de ski. Montée que je connais bien mais les forts pourcentages commencent à faire mal aux jambes et au moral… Mais il faut tenir, le plus dur arrive après.

Je redescends super vite, je connais bien cette route et avec les freins à disques je me sens tellement plus en sécurité ! Avant d’attaquer le petit Ballon, un col que je redoutais je repasse chez ma soeur pour faire un passage aux toilettes. (Ça fait du bien).

Puis c’est parti pour le petit Ballon, le premier kilomètre est terrible avec des passages à 15% sur une route cabossée. Pas le choix, il faut avancer. L’ascension n’est pas très passionnante car elle est entièrement dans la forêt. Petit souvenir de l’été 2023 ou j’avais croisé Guillaume ici, lorsqu’il faisait un voyage de trois jours dans les Vosges et moi la dernière étape du Tour de France de cette même année. 

À la bifurcation vers le deuxième versant, Geoffrey était de nouveau là. Beaucoup trop cool de le revoir, ça casse la solitude et je peux lui raconter les huit premiers cols. Je lui demande comment est ce second versant du Petit Ballon, car c’était la seule route que je ne connaissais pas. Il essaie de me rassurer mais me fait bien comprendre que je vais souffrir ! Quel sadique hahaha mais je l’aime quand même. 

En effet, en descendant ce versant Wasserbourg je me rends compte de la dinguerie. Alors la route est superbe entre ces sapins très sombres, le revêtement est super lisse mais bordel, LA PENTE !! 

Je fais demi tour au niveau du parking qui signifie début de l’ascension et c’est parti pour l’enfer. Dans le village de Wasserbourg, il y avait trois ou quatre rampes de 200m à environ 15%. C’était si difficile ! Je fais l’effort de rester sur le vélo mais ma vitesse ne dépassait pas les 8km/h… Une fois dans la forêt il y avait quelques accalmies mais la pente restait super dure quand même. 

Au niveau de l’auberge du Ried, à 4 km du sommet, je décide de faire une pause et commande un cappuccino et un coca. Un peu cher mais ça fait du bien. Puis je termine cette ascension en passant par le virage Pinot. Dommage qu’il n’y avait pas de supporters aujourd’hui pour m’encourager 🙁

Après 2km bien pénibles, j’arrive au sommet et Geoffrey était encore là ! Trop chouette, il me donne gracieusement un coca qui fait vraiment du bien et qui me donne l’énergie nécessaire pour affronter le dernier col. On papote puis on se dit « au revoir, à bientôt, on se voit à Mandelieu » (lieu d’arrivée de la RAF) Yes !  <3

Quand je repars du sommet une bagnole me double un peu mal en me tassant sur le côté droit.. Puis s’arrête au premier croisement… en plein milieu de la route… J’ai du descendre du vélo pour passer. La mamie qui descendait du véhicule me fait un sourire désolé… mais c’est pas de votre faute madame, c’est celle de votre conducteur débile. Je leur fais les gros yeux puis me lance dans la descente. 

Puis, après un dernier gros virage gauche, l’ascension du dernier col de la journée, le Platzerwasel, se présente devant moi. Il fait clairement partie des cols les plus redoutés des Vosges. Ce n’est que 6km mais à 10% de moyenne… Après pas loin de 5000m de dénivelé et 9h de selle, ça fait encore plus mal… 

Mais j’arrive à mettre toute l’énergie qu’il me reste pour tenter de finir en moins de 10h de pédalage. C’est dur, je bois bien, je mange une dernière compote énergétique. Je vide sur le bord de la route l’excédant d’eau qu’il me restait (chaque gramme est important dans une dernière montée). 

J’arrive enfin au sommet, au bout de 9h46 de pédalage. Je suis épuisé… Je pose la tête une bonne minute sur mon cintre pour reprendre mes esprits. Mais c’est fait !! Whoaa j’étais satisfait de moi pour une fois. C’était sans aucun doute le défi le plus difficile de ma vie !

Je redescends chez ma soeur, 11km pour rentrer. En arrivant Yannick me demande où je suis. Mince il voulait me retrouver en haut… trop dommage 🙁

Souvenez vous de mon couscous, je l’avais mis dans mon sac, mais je ne l’ai pas mangé. Je le mange seulement en guise de repas le soir. Il aura parcouru 130km dans mon dos. Le comble c’est qu’il était encore chaud !!

Dodo.

Le superbe diplôme de Finisher de la Cyclo10C

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